Imocarpé

… Cécile, Sylvain, Léo, Lilwen …

Ma lecture de Faber & Mazlish

Souvent, quand on critique la CNV, les cnvistes rétorquent que « mais non pfff, dans les livres y’a « rien »! » (??!?) (et ajoutent ensuite qu’il faut faire des stages, des ateliers, des formations, plonger dedans pour « savoir », pour vraiment comprendre!… et vont encore dire que j’ai rien compris, parce que c’est pas donné à tout le monde de saisir les merveilles de la CNV, ça se mérite!) Ben voyons… Allons donc regarder ce que contient ce « rien » qui nous a coûté quand-même 18€ (ça fait cher le rien hein)! Vous allez voir, c’est pas rien justement, c’est beaucoup de mal pour les enfants.
Vous trouverez je pense assez facilement des tas de commentaires enthousiastes concernant les livres de Faber & Mazlish, des convaincus de la CNV appliquée aux enfants, des fans des ateliers F&M. Mon avis ne serait donc pas bien utile s’il ne divergeait pas. Voici mon son de cloche. (je précise que tout ce que j’écris en italique sont des citations directes du livre)

Le titre du livre que j’ai lu parle de lui-même déjà: « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ». Pour que… Pour que les enfants fassent ceci, soient cela… Sans compter que la traduction française est plutôt avantageuse: le titre original c’est « How to talk so kids will listen« , qu’on peut traduire en réalité par « de quelle façon parler pour que les enfants écoutent »!

Est-il heureux, l’enfant? malheureux? ON S’EN FOUT!
Le problème (inacceptable!) c’est que:
- il ne sort pas le chien
- il ne met pas la table
- il n’a pas tondu la pelouse
- il saute sur le canapé (et « les canapés ne sont pas faits pour qu’on saute dessus« )
- il joue dehors avec ses vêtements de scout!
- il cueille les fleurs de la voisine
- il a démonté un objet
- il court dans le supermarché, touche à tout, veut même choisir des articles!!
- il met les coudes sur la table
- à 3 ans il porte encore des couches!
- à 3 ans, il ne veut pas rester seul à son activité de loisirs! (mais il a le droit de pleurer hein, grâce à F&M! ouf!)
- à 5 ans, il rejoind ses parents dans leur lit la nuit
- à 6 ans il a besoin de nous le matin on peut même pas faire de grasse mat! (et si en plus de nous laisser dormir il pouvait mettre la table et préparer le petit-dèj ce serait parfait!)
- il est obèse
- c’est un bébé et il pleure!
- il insiste pour jouer avec son papa ou sa maman!!!
- un bébé qui refuse de manger
- un bébé qui ne veut pas dormir!
- il porte tout le temps des baskets!
- à 4 ans il veut choisir ses vêtements!
- il refuse de mettre son pull!
- elle s’est enfermée en colère dans sa chambre
- à 6 ans, seul dans la rue, il traverse imprudemment un carrefour dangereux!
- il a perdu ses livres d’école
- il ne veut pas aller à l’école
- il ne veut pas se lever
- et en plus il est de mauvais poil quand on l’a levé tôt pour aller à l’école eh!
- à 3 ans il refuse de s’habiller seul, il veut que sa maman le fasse!!
- il se trouve confronté à un enseignant ou un chef scout irrespectueux, méprisant, qui abuse de son pouvoir
- son prof a encore téléphoné pour s’en plaindre!…
- il a menti
- il ne dit pas bonjour à la dame! il ne remercie pas, il a été impoli envers sa grand-mère!
- il n’a pas fait ses devoirs
- il veut inviter un ami alors qu’on ne veut pas un autre enfant « dans les jambes« !
En gros c’est affreux, il EST un enfant, il exprime ses souffrances, et en plus il voudrait penser par lui-même!!!

Voici un passage qui parle de lui-même là encore, quant aux intentions des Mesdames F&M!!!… J’ai intentionnellement grossi les termes les plus savoureux.
« L’une des frustrations inhérentes à la fonction de parents, c’est la lutte quotidienne qu’il faut mener en vue d’amener nos enfants à se comporter de manière convenable tant à nos yeux qu’à ceux de la société. Il s’agit d’un travail ardu et exaspérant. Une partie du problème réside dans la divergence entre les besoins. L’adulte a besoin d’un certain degré de propreté, d’ordre, de courtoisie, de routine. Mais c’est là le dernier des soucis des enfants. Combien d’enfants, de leur propre gré, prendraient un bain, diraient « s’il vous plaît » ou « merci » ou même changeraient de sous-vêtements? On peut même se demander combien d’entre eux porteraient des sous-vêtements… Les parents essaient passionnément d’amener leurs enfants à s’ajuster aux normes sociales. On ne sait trop pourquoi, mais il semble que plus les parents font preuve d’intensité, plus les enfants répondent par la résistance. »
Il y a des phrases, des passages entiers que j’aurais pu aussi souligner tant ils sont méprisants envers les enfants, qui sont bien là considérés comme des « ennemis » ou du moins des problèmes ambulants. Les « besoins » (et quels besoins hein, pff, d’où ça sort!?!) des adultes sont précisément énumérés, ceux des enfants, peu importe hein, tout ce qu’on sait c’est que ces ingrats, les besoins de leurs parents, c’est « le dernier de leurs soucis » à ces sauvages, alors que nous les adultes nous sommes si « élevés »!… Nous on est « intenses » voyez-vous! alors qu’eux, ce sont de petits rebelles insolents!

Je pense que ces méthodes séduisent parce qu’elles s’adressent habilement aux parents fatigués de leurs enfants, mais qui veulent tout de même sauver la face en s’enorgueillissant d’appliquer des méthodes estampillées « respectueuses », « non-violentes » etc, en les brossant dans le sens du poil et en leur proposant mieux que la « violence éducative ordinaire » comme on dit.
D’ailleurs on brosse le pauvre parent fatigué dans le sens du poil en parlant des « irritations quotidiennes de la vie avec des enfants« , ces ennemis!
Parce qu’il a besoin de soutien ce pauvre parent, et qu’on lui remonte le moral! Car l’éducation des enfants apporte tant de frustrations!

Bien sûr, la méthode propose des changements dans la façon de parler aux enfants (si jamais on était déjà violent avec eux avant): moins brusque, moins brutale peut-être, en surface…
Le tout est enrobé dans un discours flatteur, déculpabilisant, en mettant en avant le « pire » (coups, cris, humiliations directes, punitions…) pour justifier le « respect » de cette méthode.

Mais lorsqu’on en fait une lecture avec l’oeil de celui qui met en avant le respect de l’enfant en tant qu’individu (avant toute tentative de se dépatouiller de situations qui nous semblent difficiles avec eux), vraiment, ou qui cherche des pistes pour aider les enfants à vivre heureux et non aider les parents d’abord, alors c’est fou comme le regard change et comme on perçoit très nettement l’arnaque de ce genre de méthodes!…
Globalement donc, le tout est bien enrobé, mais il y a quand-même ici et là des termes qui ne trompent pas: « coopération« … « collaborer« … « discipline« … « inculquer « … (les mots sont lâchés!! en parlant de ce qu’on attend des enfants) « efficace« … « stratégie « … (en parlant de la méthode)

On veut faire en sorte que les enfants se sentent bien. Pourquoi? Pour qu’ils se « comportent bien« !
Et comment faire alors pour les y « aider« ? (à bien se comporter, heu pardon, à se sentir bien!) En « accueillant leurs sentiments! » Et c’est tout! On ne change rien à leur vie, à leurs conditions d’existence, on ne remet rien en question! On accueille leurs sentiments! Ils ont le droit de s’exprimer! (youpi!)
Autres pistes:
- aider l’enfant à trouver des exutoires
- apprendre à « jouer » devant son enfant, un peu comme faire du théâtre, mais en même temps se contrôler!
- lui parler comme à un chien (balancer des mots-clés au lieu de s’embêter à faire des phrases): « vos pyjamas! », « chaussures! », « le chien! », « la table! », « la porte! », « la vaisselle! »… Les auteures sont très fières de souligner que les enfants finissent même par être soulagés par ce traitement, parce que ça leur évite les « sermons » habituels!!
Par contre, si votre enfant dit « tu dois me conduire chez ma copine » alors là faut lui répondre: « je n’ai pas envie qu’on me dise ce que je dois faire! J’aimerais entendre: « je suis prête papa, peux-tu me conduire chez ma copine maintenant? »
- se parler par pancartes! Par exemple on peut en placer une sur la porte de notre chambre pour « s’offrir » une heure supplémentaire de sommeil quand on est fatigué!

pancartefm

Quelle chouette vie de famille on nous propose là n’est-ce pas!?!
- biaiser, en lui donnant de faux choix. Le choix du moment: « tu veux prendre ton bain avant ou après le goûter? » (s’il ne veut pas prendre un bain); le choix de la manière: « tu veux prendre ton bain avec ton canard ou avec ton bateau? »… Choix entre deux propositions de l’adulte, qui conviennent à l’adulte, et que l’adulte estime « acceptables » pour l’enfant!
Les parents ont invité des amis à dîner ce soir (et n’ont sûrement pas donné le choix aux enfants en invitant ces gens, soit dit en passant). Leur fille annonce à sa mère qu’elle aussi a invité une amie ce soir. La mère ne veut pas d’elles dans ses pattes. Elle dit donc à sa fille que non, parce qu’elle a déjà invité des amis ce soir! et enchaîne sans que sa fille ait pu en placer une (et combien même, on s’en fout!): »Tu veux inviter ta copine demain soir ou samedi soir? »…
- lui mettre la pression (« oui ok tu as entendu/compris, tu dis que tu vas le faire, mais quand???! donne-moi une date que je puisse la noter comme un ultimatum! »)
- rédiger des contrats avec son enfant. « Je promets que je n’abîmerai pas ton stylo »…
- lui offrir une chance de « bien se tenir » (si si!)
- se servir de « figures d’autorité » extérieures pour lui mettre un peu plus la pression (médecins, personnel scolaire…)
- l’amener à s’auto-complimenter
- le placer (vous savez comme le bibelot sur la commode!) dans certaines « situations« …
- chercher « les occasions de faire en sorte qu’il vous entende » (quelle spontanéité!)
- « dresser un plan de campagne » si l’enfant « persiste« ! (pas du tout guerrier comme vocabulaire! on parle même d’ « artillerie« !!)
- lui dire: « ce que j’aimerais entendre c’est« …
- se mêler « avec tact » (!!) de ce qui regarde l’enfant. Genre: « si tu pouvais réfléchir à la possibilité d’avoir les cheveux plus courts je t’en serais très « reconnaissante« !!! Non, je le fais pas bien, la CNV en vrai c’est pire! C’est: « Si tu pouvais considérer la possibilité de permettre au coiffeur d’enlever juste assez de cheveux pour qu’on puisse voir tes yeux, tu aurais une mère reconnaissante« !!!!! (moi là mon fils il m’aurait déjà plantée là au bout de 3 mots pour retourner à ses Playmobil tellement je le saoule!)
- « convoquer une rencontre de famille« , sorte de « conseil » au sommet super tentant et spontané
- lui proposer des alternatives. Par exemple, hurler sur sa soeur tiens, au lieu de la frapper!!
- ne pas mettre l’enfant à l’écart mais l’envoyer dessiner dans sa chambre, porte fermée… (quel beau déguisement cette mise à l’écart!)

Quels sont donc les objectifs recherchés?…
- que l’enfant se comporte « bien« , soit discipliné, se « tienne » bien, obéisse
- qu’il reste sagement assis dans la salle d’attente (de la vie?…)
- qu’il soit ordonné, qu’il aime l’ordre, le nettoyage, et que les choses rentrent dans l’ordre! qu’il fasse son lit au carré; remettre l’enfant sur le droit chemin! Maintenir un semblant d’ordre dans cette maison où habitent des enfants!
- quelques astuces pour faire faire aux enfants les tâches ménagères:
mettre des petits papiers avec le nom d’une tâche dans des ballons à gonfler, faire péter les ballons aux enfants, à chaque ballon pété l’enfant lit la tâche qui lui incombe et va la faire avant de revenir péter un nouveau ballon! Ce « jeu » est terminé quand les tâches sont effectuées!
S’aider de cartes à jouer à tirer. On doit ranger autant d’objets que le chiffre sur la carte que l’on a tirée, avant de revenir en tirer une. Le jeu est fini quand tout est rangé!
Mettre une chanson qui sert de « chrono » pour ranger la pièce. Attention, tout doit être rangé à la fin de la chanson!!
Charmant n’est-ce pas!…
- qu’il accepte les limites de ses parents
- qu’il applique les valeurs, les volontés de ses parents
- qu’il change parce qu’il a tort
- pouvoir contrôler, maîtriser l’enfant, avoir la main-mise sur lui. « Ne serait-ce pas merveilleux si nous pouvions toujours prévenir les problèmes en les planifiant à l’avance? »
- qu’il coopère
- qu’il fasse des efforts, qu’il soit « flexible« , docile (se résigne??…)
- discipliner l’enfant, faire fondre sa résistance
- qu’il se débrouille seul
- qu’il prenne l’initiative des tâches domestiques (parce que ce sont « ses responsabilités« ! oui je sais c’est odieux…)
- aider la pauvre instit’ car son métier est si difficile!…
- calmer les enfants, étouffer leurs réactions
- couper le sifflet aux enfants « hostiles »
- « détenir force et influence » sur lui
- qu’il fasse l’enfant modèle devant ses grands-parents pour leur faire plaisir (c’est même leur définition de la générosité!!!!!)
- qu’il fasse plaisir aux adultes
- le rendre « formidable » (parce que les enfants ne le sont pas naturellement hein, non non!)
- qu’il accepte (ou au moins plus facilement) ce qu’il vit qui peut lui être désagréable, douloureux, etc, pour continuer à subir, sans plus se rebeller
- l’ « aider » à supporter les personnes « toxiques » (membres du corps enseignants, de la famille…), à faire avec, plutôt que de réagir et d’éliminer les causes de problèmes

On laisse donc l’enfant avec ses soucis, sans essayer de les lui éviter. Il doit se débrouiller avec ses problèmes.
« Pas besoin de se charger du malheur de l’enfant« ! Quelle horreur! Mais si! On a en charge le bonheur de nos enfants! donc aussi le malheur!… Allez on enfonce le clou? « Si on veut une famille heureuse, on a intérêt à permettre l’expression de beaucoup de malheurs« ! Chouette!!
En cas de conflit entre enfants, on les laisse trouver une solution. Vive la loi du plus fort, qui imposera sa solution, que l’autre n’osera peut-être pas refuser!…
En ce qui concerne les fratries (ainsi que les enfants des recompositions familiales), les enfants doivent s’entendre!
Il ne faut pas se mêler des problèmes de l’enfant pour lui éviter les coups, il survivra!! on nous dit de les responsabiliser ainsi, de leur faire confiance, ça sonne mieux que « abandonnez-les » n’est-ce pas!?!…

De toute façon, le discours est bien séparatiste, sous prétexte d’ « autonomie » (classique!). La « dépendance« , c’est négatif! (alors que tout est fait pour le plier aux volontés de l’adulte! ça c’est de l’autonomie!)
L’ « amour » et les « bonnes intentions » sont considérés comme étant du « laxisme »! Et puis de toute façon ce n’est pas suffisant quand le parent est « sur la ligne de tir« !!… (non non mon enfant n’est toujours pas un ennemi hein!)

On n’évoque surtout pas l’éventualité de faire son possible pour mettre fin aux problèmes rencontrés par nos enfants! Par contre les « planifier« , et faire avaler la pilule avec brio, quel pied!!
Par exemple, on n’émet même pas l’idée qu’on puisse éviter les supermarchés, lieux très stressants pour nombre de personnes. Si le supermarché sera évité la prochaine fois, ce sera seulement en conséquence du comportement de l’enfant la fois précédente (c’est pas de la punition ça??), pas parce que c’est un lieu stressant et inadapté pour lui qu’on souhaite lui éviter.
On ne soulève même pas le fait qu’on ne laisse pas un enfant de 6 ans seul dans la rue! Non, il faut plutôt lui faire comprendre que c’est « mal » d’avoir traversé imprudemment le carrefour dangereux!!!

Pire encore, on charge l’enfant des problèmes de ses parents, et de les résoudre! Mais l’important hein, c’est l’amener habilement à être d’accord en plus, pour les résoudre!!
Ah, la mère retrouve le sourire, quand son fils de 10 ans finit par proposer de payer les livres qu’il a perdu avec son argent de poche, à la place de sa mère, en colère de devoir les payer!

On charge l’enfant de responsabilités qu’on lui impose arbitrairement et injustement. Il doit se débrouiller pour être à l’heure à l’école (comme s’il avait choisi d’y aller hein!…), c’est SA responsabilité!
S’il ne veut plus de ce qu’on lui propose habituellement, il n’a qu’à se préparer son petit-dèj lui-même et seul! (tiens, encore du temps de sommeil supplémentaire pour le pauvre parent fatigué que nous sommes!).
Qu’il se démerde pour les boutons qu’il n’arrive pas à mettre!
Le réveil mécanique, c’est tellement mieux qu’un bisou de maman!
Et puis finie l’histoire du soir hein, maintenant que tu sais lire!!…
Et puis peu importe qu’il aille dans des endroits dangereux, pourvu qu’il rentre à l’heure dite… pour rassurer ses parents!!
Qu’il trouve des solutions pour s’entendre avec et supporter les gens qu’il n’a pas envie de voir!! Sacrifies-toi, enfant, pour « ne pas décevoir« , et te conformer aux valeurs de tes parents!

Ça sent mauvais l’abandon et le sacrifice…
L’enfant doit « se prendre en charge » et « assumer la responsabilité de sa propre vie » (je vous accorde une pause pour aller vomir oui…)!

De plus, on déculpabilise dangereusement les parents (un piège hélas largement répandu dans nos sociétés): les erreurs parentales ne sont pas graves, on pourra se rattraper. Ceci est une double trahison envers l’enfant! Et on appuie cela par un mensonge terrible: « la vie avec les enfants ne comporte aucune limite de temps« !!! ben voyons! c’est bien connu qu’on est immortels hein, ou des ardoises magiques!! J’ai trouvé cette phrase à vomir, ou à pleurer, ou les deux!…
Le but avoué est de trouver des méthodes « plus faciles et moins taxantes pour les parents« , sans que les enfants puissent réagir vivement!…
Et puis si un enfant est « hostile« , de toute façon ce n’est pas la faute de ses parents! C’est la faute de ses copains ou de la télé! (ouf!)

Par contre, on peut culpabiliser l’enfant. Lui dire par exemple, pour une serviette qui traine, « tu vois je la ramasse à ta place et maintenant tu as une mère qui t’en veut! »

On parle de ruse, d’adresse, d’ « habiletés », tout en conseillant d’être authentique!! Comme si l’authenticité se décrétait, se jouait!
D’ailleurs, cela brise aussi le naturel de l’enfant. Comme cette fille de 10 ans, qui rétorque à sa copine qui se plaint que les adultes rangent les goûters hors de portée des enfants: « chez nous on ne blâme pas les autres« , et qui lui conseille de demander ce dont elle a besoin et c’est tout!

Le livre encourage la suspiscion envers autrui et la sincérité d’autrui. Les compliments, c’est suspect attention! Il vaut mieux laisser l’enfant s’auto-complimenter hein! Non non ce n’est pas du tout faux-cul!

Les obligations parentales selon F&M? nourrir ses enfants, les loger, et les vêtir! Point!! Ah si aussi il faut les complimenter! Finalement!… (c’est à y perdre son latin ma parole!!) Mais il faut freiner son enthousiasme hein, restons mesurés!
« Le compliment descriptif (…) est un outil hautement efficace. Choisissez avec soin les fins pour lesquelles vous vous en servez« . (non non surtout la CNV c’est pas de la manipulation hein!)

Par ailleurs, il n’y a pas ou peu de remise en question des volontés parentales. L’important c’est: comment arriver à faire appliquer à l’enfant ceci, comment changer notre enfant qui a tort…
« Quand un enfant persiste« … ça vient de lui, pas de ce qu’on lui fait vivre hein surtout!
Le peu de remise en question est envisagé par rapport à l’âge et aux capacités de l’enfant (il se peut qu’on lui demande trop, ou des choses qui ne sont pas à sa portée). Ses choix, ses goûts persos, etc… ne sont pas pris en compte! Réellement (pas juste lui dire « hmm hum, oui, je t’ai entendu »; et là ma petite voix, petite lanterne rouge intérieure me souffle en complément: « mais je m’en fous »!…).

Une fois encore, l’adulte sait (pour l’enfant), est supérieur, doit dresser ce sauvage associable qu’est l’enfant. C’est l’adulte qui décide finalement. Et F&M lui proposent ici des méthodes pour imposer des limites (les SIENNES) et des valeurs (les SIENNES aussi).
Et c’est l’intérêt de l’adulte qui passe avant celui de l’enfant… « S’ils (les enfants) méritent mille-et-une chances, accordons-nous mille-et-deux chances« ! (mais je vous assure que c’est « gagnant-gagnant »!!)

Mais on nous dit quand-même qu’il ne faut pas voir l’enfant comme un « problème à corriger » et qu’il ne faut pas croire qu’en tant qu’adulte « nous détenons toujours la bonne réponse », pas croire que l’enfant va « abuser de notre faiblesse si nous ne sommes pas assez fermes », qu’il ne s’agit pas d’un combat avec un gagnant et un perdant… Tout en nous rabachant et en nous suggérant l’inverse!…

C’est à la mère de faire comprendre à son enfant « le comportement qu’il convient d’avoir dans un supermarché« . L’enfant lui peut aider (pousser le chariot, charger, décharger, ranger, trier les articles, par catégories etc (un peu de Montessori dans le chariot!)…

Et même vous savez quoi? Les enfants doivent être reconnaissants des efforts de leurs parents qui participent aux ateliers F&M pour eux le soir!!…

Et comme c’est très « à l’américaine », on nous abreuve de témoignages servant à prouver que nous sommes là en présence d’une recette miracle, qui fait tant de bien pour ne pas violenter les enfants! Merci ô déesses F&M! que serait-on sans vous?!… Vous nous avez sauvés!!
À la fin de l’ouvrage, vous trouvez les liens internet qui vont avec (et les prix des livres, des cahiers d’animations, et d’exercices à faire, etc……). Et de la pub pour les autres livres et les ateliers:
- « Parents épanouis / enfants épanouis »: où les auteures nous confient encore une fois que Haim Ginott est leur inspiration, leur « mentor« . Un livre de témoignages! (oué!) dont ceux des auteures elles-mêmes! (re-oué!). Des « habiletés de communication« . On nous dit que la lecture de ce livre est idéale pour compléter « Parler pour que les enfants écoutent (…) », et recommandée quand on participe aux ateliers F&M.
- « Atelier de groupe « Parler pour que les enfants écoutent (…) », avec la trousse d’animation et les cahiers de travail pour les participants, les exercices…
- « Ateliers « Jalousies et rivalités frères/soeurs« : où les parents recherchent des solutions « habiles » et « respectueuses« , où on leur donne des outils appropriés, des « stratégies« . Et là pareil, trousse de l’animateur, cahiers de travail et d’exercices…

Oh bien sûr on nous prévient: il faut un temps d’adaptation. Au début, c’est possible que l’enfant soit hostile, ou méfiant face à ces nouvelles méthodes! Mais il ne faut pas se laisser décourager! Il va finir par s’habituer à tant de respect!!!!! Oui, n’écoutez surtout pas le bon sens de votre enfant qui vous crie par tous les pores qu’il ne peut supporter tant de violence malhonnête! Mais peut-être aurez-vous plus de « chance » avec un enfant qui se résignera sans broncher!…