Le 13 janvier dernier j’ai assisté à une conférence de notre « guru » à nous les g33ks, j’ai nommé Richard Matthew Stallman (RMS).
Richard est l’inventeur du logiciel libre, il commence sa conférence ainsi :
« Je peux vous expliquer le logiciel libre en 3 mots: liberté égalité, fraternité. Trois choses que n’aime pas Nicolas Sarkozy ! » (cf – loi HADOPI, LOPSI)
« Liberté, parce que les utilisateurs sont libres. Égalité, parce qu’ils disposent tous des mêmes libertés. Fraternité, parce que nous encourageons chacun à coopérer dans la communauté. »
Pour bien comprendre, il existe 2 grands types de logiciels: les logiciels propriétaires ou PRIVATEURS, et les logiciels libres.
Le terme de « logiciel privateur » ou « programme privateur » peut être préféré à celui de « logiciel propriétaire » parce que ces programmes privent les utilisateurs de leurs libertés. Ils maintiennent les utilisateurs dans un état de division et d’impuissance.
Division car il est interdit de partager le programme et impuissance parce que les utilisateurs ne disposent pas du code source, ne peuvent pas le modifier pour corriger des erreurs ou l’adapter à leurs besoins, et ne peuvent pas même vérifier ce que fait réellement le programme.
Un logiciel libre respecte la liberté de l’utilisateur en lui garantissant les quatre libertés essentielles que tout utilisateur de programme doit avoir :
- liberté 0 : liberté d’utilisation du programme
- liberté 1 : liberté d’étudier le code source du programme
- liberté 2 : liberté de modifier le programme
- liberté 3 : liberté de distribuer des copies du programme original ou modifié
Bien qu’un utilisateur classique n’ait pas forcement les compétences techniques pour user des libertés 1 & 2, il en demeure essentiel de pouvoir user des libertés 0 & 3. Il s’agit ici de liberté, comme vous êtes libre de sortir de chez vous ! Les utilisateurs de programmes informatiques DOIVENT être libres ! Et ne doivent pas être sous le contrôle des développeurs de logiciels privateurs.
Lorsque vous achetez un logiciel privateur vous ne payez pas le logiciel en lui-même, vous achetez un droit d’utilisation et d’exécution sur votre ordinateur de ce logiciel. Savez-vous ce que fait exactement ce logiciel privateur sur votre ordinateur ? Vous vous dites que vous n’avez pas les compétences pour le savoir… Certes ! Mais même si vous aviez les compétences vous ne pourriez pas le savoir, car vous n’avez pas accès au code source (liberté 1). Bon nombre de logiciels privateurs contiennent des « backdoor » ou « porte arrière » qui permettent de façon complètement cachée (ou pas) d’accéder à votre machine et/ou à vos données. Je ne dis pas que tous les logiciels privateurs le font, mais de toute façon il est impossible de le savoir (liberté 1).
« Si la sécurité de Windows® est assez faible pour des personnes extérieures, la sécurité de Windows® pour Microsoft® est inexistante… » (RMS)
Microsoft met d’ailleurs à disposition de toutes les polices du monde (gouvernements totalitaires compris), tous les outils permettant de casser toutes les sécurités du système Windows afin de récupérer les informations de l’utilisateur, ces mêmes outils se sont d’ailleurs retrouvés sur la toile récemment.
Si on met en rapprochement l’informatique et la vie réelle, cela provoque des réactions beaucoup plus vives, pour revenir sur l’affaire du Kindle d’Amazon, imaginez qu’un beau matin une personne de la FNAC vienne chez vous, défonce la porte, ouvre la porte (il a les clés), attrape l’un des livres que vous avez achetés chez eux, et le brûle devant vos yeux avec toutes les notes que vous auriez pu faire dessus… Ça ne vous rappelle rien ?
Les programmes informatiques sont un peu comme des recette de cuisines. Si vous avez une recette de tarte au pomme libre, vous pouvez l’utiliser librement pour la préparer (liberté 0), vous savez quels sont les ingrédients qui composent votre tarte (liberté 1), vous pouvez modifier la recette, avec un peu plus de sucre c’est meilleur (liberté 2) et vous pouvez la donner à votre frangine/ami/collègue qui fait une tarte au pomme dégueu (liberté 3).
Si maintenant votre recette de tarte est une recette privatrice, en fait vous n’avez pas de recette mais une boite qui génère des tartes aux pommes on ne sait comment. Il n’y a que vous qui pouvez manger cette tarte (liberté 0), vous ne savez pas avec quoi est faite votre tarte (liberté 1), vous ne pouvez évidemment pas en modifier la recette (liberté 2), vous pouvez éventuellement copier la boîte pour la donner à votre frangine/amis/collègue (qui fait vraiment de mauvaises tartes) mais vous seriez traîté de « pirate » et vous pourriez aller en prison (liberté 3).
Une autre méthode utilisée par les éditeurs de logiciels privateurs, assez ahurissante lorsqu’on y pense (mais efficace): la création de la dépendance. Chacun sait que dans notre société actuelle l’outil informatique est de plus en plus incontournable. Il est donc important qu’il y ait une « éducation », un apprentissage, de cet outil. Dans la majorité des cas cet apprentissage se fait sur des logiciels privateurs. Les écoles ou universités utilisent massivement ce type de logiciels car ils ont l’impression de faire des économies, en effet les organismes de formation ne payent pas les licences, les éditeurs les offrent gracieusement… Ça ne vous rappelle toujours rien ?? « La première dose est gratuite… » Hé oui ! Si les utilisateurs sont déja habitués au logiciel privateur, ils continueront de les utiliser dans le futur, mais en les payant ! Il faut apprendre l’informatique avec des logiciels libres ! Comment peut-on défendre une liberté si nous n’avons pas la conscience qu’elle existe ?
Le problème est bien là, c’est que la majorité des utilisateurs de programmes informatiques n’ont pas conscience qu’ils sont privés de libertés lorsqu’ils utilisent un logiciel privateur. Et les éditeurs de ces logiciels adorent ça !
Pour ma part je suis utilisateur de logiciels libres depuis maintenant presque 10ans, leur évolution est énorme et cela me ravit, il est aujourd’hui possible d’avoir des systèmes d’exploitation entièrement libres, qui respectent les libertés de ses utilisateurs. De par ces libertés, ces systèmes sont sûrs, stables, performants, et respectent la vie privée ainsi que ces libertés fondamentales.
Pour aller un peu plus loin voici quelques liens (pour les courageux) :
La FSF (Free Sofware Fondation): site us – site fr
Le livre de RMS « Richard Stallman et la révolution du logiciel libre« , vous pouvez l’acheter, mais aussi le lire et le modifier librement, c’est un livre sous licence libre !
La conférence de RMS du 12/01 (1h30), celle du 13/01 auquel j’ai assisté était mieux (à mon gout), mais l’université utilise des logiciels privateurs pour la vidéo donc RMS a donc refusé sa diffusion dans ce format. Cliques ici pour direct download (517Mo en ogv), cliques ici pour regarder la conférences sur Dailymotion.
Les conférences ou livres de RMS ne sont absolument pas technique (mis a part quelques blagues), n’importe qui peut les comprendre (même Sicile, c’est pour dire !) ce n’est donc pas réservé au informaticiens !
APRIL, l’association pour la promotion et la défense des logiciels libres.
Et si tu veux encore plus déprimer, vois tes libertés diminuer comme peau de chagrin sur la quadrature du net.
LIBÉREZ-VOUS !!








